Unir les communes : comprendre l’intercommunalité dans le Blésois
L’intercommunalité ne date pas d’hier. Si l’idée existe depuis la fin du XIXe siècle, c’est dans les années 1990 que le Blésois a vraiment pris ce virage. Face à la montée des d...
Le Blésois, structuré autour de l’agglomération de Blois et de ses 43 communes (source : agglo-blois.fr), n’a pas attendu la loi NOTRe de 2015 pour expérimenter les bienfaits de l’action collective. Dans ce coin du Loir-et-Cher, partagé entre ville centre, villages, forêts et plaines agricoles, la tentation du « chacun pour soi » céda vite devant les logiques d’efficacité et d’économie d’échelle.
On s’en rend compte à chaque épisode de crue de la Loire, ou lorsque que l’on consulte le planning des piscines cet été : tout ou presque, se gère à l’échelle du bassin de vie blésois.
L’eau du robinet ne connaît pas les frontières administratives. Au Blésois, cette vérité guide la coopération depuis des décennies. La gestion de l’eau potable et de l’assainissement collectif est l’une des compétences majeures d’Agglopolys.
Cette mutualisation permet d’investir dans des réseaux performants, mais aussi d’anticiper la gestion des risques — nappes phréatiques fragilisées, pollution agricole, protection contre les micropolluants (un vrai sujet dans un territoire agricole comme le nôtre). On retrouve par exemple des campagnes de sensibilisation et la modernisation constante des équipements.
Si l’on voit passer les bennes à ordures dans toutes les rues du Blésois, c’est bien grâce à la mutualisation. Depuis 2003, Agglopolys gère la collecte et le traitement des déchets ménagers pour l’ensemble des habitants de l’agglomération, soit :
Cette gestion à grande échelle permet aussi d’innover : expérimentations de redevances incitatives, partenariats avec des associations locales pour la valorisation des encombrants ou la réduction des déchets verts, etc. (La Nouvelle République)
Ouvrez les pages immobilières ou regardez la mutation de certains quartiers : l’intercommunalité ne se limite pas au quotidien, elle participe aussi à imaginer l’avenir du territoire.
L’échelle intercommunale permet ainsi d’éviter la concurrence entre communes pour attirer les entreprises, de planifier le foncier et de préserver plus efficacement espaces naturels et agricoles.
Côté mobilités, difficile d’imaginer une offre aussi structurée si chaque village ou quartier gérait son propre réseau ! Aujourd’hui :
Dans un contexte de hausse du coût des carburants et d’engorgement régulier sur certains axes d’entrée de ville, la mutualisation de la mobilité prend ici tout son sens… et du bon sens !
Autre service public qui marque la mémoire des jeunes — et souvent celle de leurs parents : nombre d’équipements sportifs, culturels et de loisirs sont portés à l’échelle intercommunale.
Cette mise en commun des moyens garantit non seulement la viabilité des équipements, mais permet aussi à de plus petites communes de rivaliser avec la ville centre en termes d’accès à la culture et aux loisirs.
Une crèche, un Relais Petite Enfance, du portage de repas : là aussi, la coopération intercommunale prend tout son sens.
Face à une population vieillissante (près de 24% des habitants de plus de 60 ans sur le territoire selon l’INSEE, 2020), l’échelle intercommunale favorise les synergies associatives et institutionnelles pour mieux couvrir chaque secteur.
Au fond, pourquoi regrouper ces services à l’échelle intercommunale ? Quelques raisons illustrent bien le contexte local :
Mais la mutualisation n’est jamais un long fleuve tranquille : débat régulier sur la fiscalité, crainte de la « dilution » de l’identité villageoise, ou questionnements sur la proximité. La participation citoyenne est donc recherchée, avec consultations publiques régulières ou enquêtes en ligne, comme ce fut le cas pour la rénovation du centre aquatique des Mées (2022).
La force tranquille de la coopération intercommunale, c’est qu’elle façonne des pans entiers de notre vie quotidienne sans vraiment afficher sa présence. Qu’il s’agisse de boire un café en terrasse sur une place réaménagée, de traverser le Blésois à vélo, de jeter ses emballages dans un point tri, ou d’inscrire son enfant dans une crèche, on bénéficie de choix portés collectivement. L’intercommunalité ne se borne pas aux seules grandes villes : elle irrigue tout le tissu du Blésois, au service d’un territoire vivant, solidaire, ancré dans son histoire et toujours tourné vers demain.
Pour aller plus loin : on peut consulter le site officiel d’Agglopolys, les rapports d’activité annuels, ou encore suivre les invitations aux réunions citoyennes dans les mairies annexes pour se faire sa propre idée... et pourquoi pas, participer !