Unir les communes : comprendre l’intercommunalité dans le Blésois
L’intercommunalité ne date pas d’hier. Si l’idée existe depuis la fin du XIXe siècle, c’est dans les années 1990 que le Blésois a vraiment pris ce virage. Face à la montée des d...
Depuis la loi du 6 février 1992, renforcée par la loi Chevènement de 1999, l’organisation des communes en “communautés” s’est accélérée. Le but ? Permettre à nos villages, centres-bourgs et villes moyennes de s’unir pour mutualiser moyens, porter des projets structurants et défendre leur autonomie face aux grandes agglomérations. Dans le Blésois, trois principales entités se partagent cette mission :
Ailleurs, d’autres EPCI (Établissements Publics de Coopération Intercommunale) organisent la solidarité et les stratégies partagées, mais ce sont bien ces trois-là qui couvrent la majeure partie de ce que l’on nomme familièrement “le Blésois”.
Contrairement à une idée reçue, les communautés de communes n’ont pas carte blanche. Leurs missions sont fixées par la loi et évoluent avec les années. Il existe deux catégories de compétences :
Depuis la loi NOTRe (2015), le partage des tâches s’est clarifié… mais aussi complexifié : certaines attributions municipales migrent désormais vers l’intercommunalité.
Elles dépendent des priorités fixées dans chaque conseil communautaire, mais on retrouve fréquemment :
Au fond, à quoi cela sert-il, tout ça ? Pour les habitants du Blésois, ce sont des services souvent invisibles mais concrets, dans chaque rue ou presque :
| Communauté de communes | Population couverte | Budget 2023 (€) | Déchets collectés/an (t) | Zones d’activités créées |
|---|---|---|---|---|
| Agglopolys | 109 000 | 143 M | 44 000 | 32 |
| Beauce Val de Loire | 21 000 | 20 M | 6 700 | 7 |
| Grand Chambord | 16 500 | 17 M | 5 200 | 4 |
(Sources : rapports budgétaires et activités respectifs 2022-2023)
Derrière ces actions, il y a de véritables laboratoires de démocratie : chaque communauté de communes est dirigée par un conseil communautaire (composé des délégués des conseils municipaux) et un président élu. Les débats sur les compétences, la fiscalité ou la répartition des équipements sont parfois animés — il suffit d’assister à une séance publique pour saisir le poids des enjeux (voir les comptes-rendus sur Agglopolys.fr).
Certaines décisions sont parfois contestées localement — qu’on pense, par exemple, au débat sur l’extension de la zone industrielle de la Renaudière, ou à la mutualisation des crèches. Mais la logique est toujours celle du compromis pour trouver la meilleure échelle : trop petit, le service n’est pas viable ; trop grand, on perd le lien local.
Notons également que ces conseils communautaires ont parfois la main sur la fiscalité locale : les taux de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, par exemple, sont votés à ce niveau.
Le rôle des communautés de communes évolue au fil des réformes : demain, elles devront relever le défi du Zéro Artificialisation Nette (ZAN), mettre en œuvre la transition énergétique (avec, dès 2024, les Contrats de Transition Écologique à l’échelle intercommunale !), tout en maintenant la qualité des services publics.
L’histoire locale raconte que c’est lors des crues de Loire de 1856, puis de 1940, que la coopération municipale s’est vraiment structurée dans le Blésois : partage des pompiers, gestion des digues, entraide alimentaire... Aujourd’hui, ce même esprit irrigue la gouvernance intercommunale, avec l’appui du numérique et l'obligation de participer à la compétition entre territoires.
Le mot d’ordre ? Rester “proche” des habitants. Les intercommunalités se veulent les relais d’un service public à taille humaine, anticipant les besoins plutôt que de les subir. Le défi, dans les années à venir, sera de renforcer la participation citoyenne : budgets participatifs, conseils de développement, consultations en ligne. Tout un programme pour faire des communautés non plus seulement des gestionnaires, mais de véritables acteurs de la vie blésoise.