Rollin fête les vingt ans d’Imprim’Vert

ENTREPRISE DURABLE La marque mondiale de reconnaissance environnementale du secteur graphique, Imprim’Vert, née en Loir-et-Cher, a fêté ses vingt ans. Pour l’occasion, une visite de l’imprimerie Rollin, engagée depuis le début dans cette démarche était organisée le 14 novembre, à Blois. Immersion.

Chloé Cartier-Santino

Créée en 1954, l’imprimerie familiale Rollin est installée dans la zone artisanale des 11 Arpents, à Blois, depuis 2001. « Nous avons 80 % de clients locaux qui nous permettent de réaliser 50 % de notre chiffre d’affaires, le reste est réalisé en région parisienne », indique Antoine Rollin, dirigeant de l’entreprise qui emploie aujourd’hui 16 personnes pour un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros. Le client peut choisir précisément le type de papier dont il a besoin, selon les documents à imprimer. « Il y a environ 5 000 références de papiers mais nous n’avons pas de stock, nous faisons du sur-mesure et nous commandons du jour pour le lendemain », explique l’imprimeur. Du court tirage d’une centaine d’exemplaires à plusieurs millions, des cartes de visite aux livres, l’entreprise s’adapte à la demande. En prépresse, les salariés reçoivent 90 à 95 % des travaux directement de leurs clients. Les fichiers reçus sont analysés avec plus de 200 points de contrôles avant de faire signer un bon à tirer et lancer l’impression. « Nous sommes passés sur des machines numériques depuis environ dix ans », précise Antoine Rollin. De gros photocopieurs numériques peuvent donc imprimer 10 heures par jour. Cependant, pour les impressions en quadrichromie (en quatre couleurs: cyan, magenta, jaune et noir), qui représentent 95 % de la production, des plaques offset sont fabriquées pour chaque couleur, puis réassemblées sur la feuille d’impression.

Les machines utilisées chez Rollin pour l’impression en quadrichromie peuvent sortir 12 000 à 15 000 feuilles par heure.

 

Une dynamique écologique

« Nous sommes fiers d’avoir la marque Imprim’Vert car au début, on a tous pensé que ça allait nous compliquer la vie et nous coûter de l’argent mais finalement ce n’est pas un frein dans l’entreprise », souligne l’imprimeur avant de poursuivre : « Nous avons intégré tout de suite l’organisation de récupération des déchets en refaisant notre bâtiment et le personnel aussi est satisfait de cette dynamique écologique qui a été insufflée ». Une démarche éco-responsable qui est appliquée naturellement au quotidien par un tri sélectif dans des bacs spécifiques pour traiter les déchets (papiers, plaques, plastiques…). « Dans cette entreprise, on voit bien la démarche volontariste mais il y a un besoin d’accompagnement pour que les entreprises soient labellisées Imprim’vert et continuer à développer cet éco-certification sur le territoire car le développement durable doit devenir une priorité », a souligné Bernard Stalter, président de l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat (APCMA) lors de la visite. En effet, aujourd’hui, l’écologie et le développement durable font partie du quotidien de toutes les professions. « C’est le rôle des chambres de métiers de faciliter le quotidien des artisans, de leur faire gagner du temps et d’être à leur service pour leur permettre d’innover », a insisté le président de l’APCMA. Les Chambres de métiers et de l’artisanat mènent différentes opérations pour inciter les artisans à s’engager pour répondre aux enjeux de développement durable et de transition énergétique (réduction des déchets, consommation énergétique raisonnée, circuits courts), cela se traduit notamment par les « Eco Défi Artisans et commerçants », le « Défi de l’environnement » ou encore « Répar Acteurs » dont l’objectif est de faire réparer des objets et équipements par un artisan plutôt que de les jeter.


Naissance en Loir-et-Cher ▶

En 1998, grâce à l’engagement de dix imprimeurs innovants de Loir-et-Cher, la marque Imprim’Vert est née. En effet, les produits chimiques (révélateurs, fixateurs, solvants…) utilisés par les imprimeries étaient rejetés directement dans les eaux usées par méconnaissance des impacts sur l’environnement, mais aussi par l’absence de solutions de collecte pour ce type de déchets. La Chambre régionale de métiers et de l’artisanat (CRMA), le réseau des Chambres de la région Centre – Val de Loire (CMA) ainsi que la Fédération de l’imprimerie et de la communication graphique ont donc proposé de monter une action collective à destination des métiers de l’imprimerie. Une expérimentation pour corriger les pratiques des imprimeurs en matière d’élimination des déchets dangereux a été lancée, organisée par la CMA de Loir-et-Cher, avec l’appui de dix imprimeurs volontaires du département et de deux prestataires. Les résultats étant concluants, la marque Imprim’vert a vu le jour dans le département avant de se déployer au niveau régional, national, puis européen. Aujourd’hui, 1 865 imprimeurs sont titulaires de la marque en Europe dont plus d’une centaine en région Centre – Val de Loire.

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