L’usine Poulain ne fabrique plus de chocolat : elle l’emballe !

Poulin_Usine_fireDepuis 2012 l’usine Poulain ne fait plus partie du géant américain Kraft foods, numéro 2 mondial de l’agroalimentaire. L’entité a décidé d’une «spin off» (une scission) entre son activité d’épicier industriel en Amérique du Nord, et ses activités européennes, rebaptisées Mondelez.

Les activités européennes du groupe sont essentiellement consacrées au «snacking», un terme que l’on évite d’employer en France à cause d’une connotation péjorative, mais c’est bien ce mot que tout le monde emploie en interne et qui est la raison d’être de la nouvelle entité industrielle.
Biscuits, chocolats, café, cheese & grocery, gum & candies, sont désormais les 5 secteurs développés par Mondelez (à prononcer Mondéliz), dont le siège est à Zurich.
Le nouveau groupe industriel, compte aujourd’hui 16 unités de production en France (dont 2 usines de fabrication de chocolat : Poulain à Blois et Suchard à Strasbourg), et pèse 36 milliards de dollars de chiffre d’affaires.
L’histoire exemplaire de l’usine Poulain, institution blaisoise depuis 1848, se poursuit avec de nouveaux partenaires et de nouveaux objectifs. Le rachat de l’usine par l’Anglais Cadbury en 1988, puis son entrée dans le giron de Kraft Foods read more en 2010, aura donc scellé la pérennité de l’entreprise blésoise qui compte toujours 200 salariés attachés à la production et le centre des opérations logistiques du groupe (le back office), fort de 130 salariés. L’usine de Villebarou fabrique essentiellement des tablettes de chocolat et de la poudre chocolatée, soit la division qui se félicite d’une croissance soutenue de 4 à 5 % par an, loin des difficultés relatives rencontrées par la division «gum & candies», fortement soumise à la concurrence de Haribo et de Wrigley. Côté chocolat, outre sa marque Poulain, l’usine produit le chocolat Milka, et le Cadbury Daily Milk qu’elle exporte outre-manche avec brio puisqu’il s’agit de la consommation de 40% du marché britannique.

De nouvelles lignes de production pour un nouvel avenir
La feuille d’aluminium et l’étui carton de nos tablettes de chocolat, feront bientôt partie du passé. L’usine Poulain, a décidé de généraliser l’utilisation du «flowpack», un emballage en plastique alimentaire, totalement hermétique, dont l’ouverture et surtout la fermeture sont présentées comme faciles. La nouvelle ligne 1 d’emballage, montée grâce à 3 millions d’euros d’investissement, représente désormais 50% de la production totale de l’usine. Elle devrait être imitée par les lignes plus anciennes, puisque l’objectif est d’atteindre 100% de tablettes de chocolat équipée du système flowpack dans les années à venir.
Signe des temps, l’usine de Blois-Villebarou ne fabrique plus de chocolat de masse à partir de la fève de cacao. Elle façonne, emballe et conditionne le chocolat sous forme de pâte liquide que lui envoient ses partenaires par camion citerne. La belle usine de Villebarou, dont les lignes ont été dessinées par le célèbre architecte Jean Nouvel, dont on craignait les difficultés depuis le retrait de Cadbury, est aujourd’hui l’une des plus modernes du Monde dans sa spécialité.

Didier Morazin

 

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