La chambre d’agriculture dresse le bilan de la saison 2017, pas excellente, mais fait preuve d’optimisme serein…

Moisson Sans paraphraser le slogan de la marque Lidl qui se termine toujours par le dorénavant célèbre «On est mal, patron, on est mal», on peut conclure, à l’issue de la conférence de presse donnée par Philippe Noyau, président de la Chambre d’agriculture de Loir-et-Cher (C.A.41) et son premier vice-président, Arnaud Besse, pour le bilan des moissons, campagne 2018 pas encore terminée, que rien ne va plus comme avant dans le monde agricole.

Jules Zérizer

Par la voix de Dominique Descoureaux, cheffe du service Grandes cultures à la C.A.41, l’inventaire, un peu à la Prévert, laisse quelque peu pantois. Entre 2010 et l’an dernier, les chiffres sont, presque partout à la baisse, le troisième donné portant sur l’estimation 2018. Ainsi le blé tendre, en surfaces cultivées (ha) est passée de 80 500 à 86 990 (79 000 en 2018), et le reste suit : blé dur (34 500, 21 530, 19 600) ; orge d’hiver (17 500, 27 330, 21 500) ; avoine (1 500, 965, 1 020) ; seigle (1 800, 940, 800); triticale (4 300, 2 585, 2 600) ; orge de printemps (3 000, 3 700, 5 100) ; maïs grain (16 000, 14 300, 14 100) ; maïs fourrage (5 000, 5 400, 5 500) ; millet, sorgho (6 500, 6 170, 6 250) ; colza (41 500, 43 505, 48 000) ; pois (6 200, 3 250, 3 200) ; tournesol (10 500, 4 685, 4 300) ; lin (700 en 2014 et 1 600 en 2017, 1.700) ; soja (90 en 2014 et 290 en 2017, 250) ; betteraves (775 en 2014 et 1000 en 2017 & 2018) ; pommes de terre (1 260 en 2014 et 1 050 en 2017, 1 350). Les terres en jachères restent stables (15 500, 16 200 et 16 000) alors que les surfaces agricoles utiles (SAU) passent de 293 060 à 283 000 en 2017 et 2018). Ceci représente une moyenne sur 70% environ des cultures de récoltes estivales. En rendements par quintaux/ha, entre 2002 et 2017, l’année 2016 ayant été «annulée» car elle était hyper-catastrophique, on note aussi quelques dents de scie assez surprenants, avec dans nos chiffres le maximum enregistré, en troisième position. Blé tendre (78-72, 78 en 2002) ; blé dur (72-62, 72 en 2002) ; orge d’hiver (75-67, 80 en 2008) ; orge de printemps (63-68, 78 en 2008) ; maïs grain (87-103, 106 en 2011) ; colza (33-40, 40 en 2005) ; pois (48-40, 50 en 2008) ; tournesol (23-37, 37 en 2017).

De nouvelles cultures dans le viseur

Dans l’ensemble, l’année 2017 a été une année de contrastes entre un mois de février froid (un mois d’arrêt végétatif), de la pluviométrie entre février et mars à plus de 50%, ce qui a entraîné des enracinements difficiles. Avril et mai, avec un regain de chaleur, ont rattrapé un peu de retard, malgré la crainte de gel dans la première décade de mai. La chaleur de juin a, enfin, déclenché des moissons précoces et rapides, comme à l’issue de la sècheresse de 2003, avec un mois de juillet chaud et sec. Ce premier semestre 2018 se solde, aussi, par des moissons vite démarrées, comme en 2003, aussi. On espère un gain de 25% en céréales et colza pour ce cru 2018, mais ce sera décevant en orge d’hiver et en colza. Le manque d’eau a joué dans Le Perche, mais Beauce et Gâtine seront au top. On a appris, au cours de ce point-presse que la production de blé dur pour la semoule et les pâtes, en Loir-et-Cher, permettaient de nourrir plus de 19 millions de Français, malgré la concurrence du Canada, autre pays producteur au top. Le Loir-et-Cher va se pencher sur la culture du soja, du lin, du pavot, du millet (Le 41 est le plus fort producteur de France (Cocorico ! Hourrah !), tout en continuant de développer la culture des pommes de terre et des betteraves, et aussi de l’orge pour les malteries, en regrettant qu’il n’y en ait qu’une ou deux en région Centre-Val de Loire…, la bière locale prenant de l’extensions, avec, ne serait-ce qu’en Loir-et-Cher, trois brasseries en pointe. Les semences en porte-graines se développent, sur certains secteurs, sur plus de 7 000 ha. La C.A.41 se veut, malgré les nuages, optimiste quant à l’avenir, en ayant bien en tête que, malgré les conditions économiques, météorologiques et/ou politiques, locales ou européennes, le métier de paysan reste le meilleur Métier du Monde. Malgré ses aléas, ses coups de déprime, de froid et de chaud, et les caprices de Dame Nature…

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