Hugh Coltman va faire «jazzer»…

CONCERT Le plus français des britanniques sera sur la scène des Lobis samedi 6 octobre à 21 heures. Il a répondu à nos questions le jour J. In French, of course !
Interview : Emilie Rencien


Vous lancerez la saison de « All That Jazz » à Blois dans quelques jours. L’occasion de présenter votre dernier opus, enregistré à la Nouvelle-Orléans. Mythique ?
«En effet, vous avez raison. L’idée de l’album est née quand j’ai composé le titre «the Sinner ». Une idée farfelue, comme dans un film. J’aimais bien l’esthétique de la Nouvelle-Orléans. Que l’on soit en studio à Paris ou là-bas, c’est un studio. Mais depuis Paris, cela semblait bien compliqué d’accès. Et en fait, ce fut très simple ! Je me suis renseigné, je m’y suis déplacé avant le disque pour voir des musiciens que j’avais repéré sur les réseaux sociaux. Et puis je connais (le guitariste, ex musicien de Bob Dylan) Freddy Keolla qui a vécu à la Nouvelle-Orléans et avec lequel je voulais bosser. C’était parti. D’ordinaire, je travaille beaucoup les maquettes mais là, Freddy m’avait conseillé de ne pas en faire; j’ai juste un peu pris le pouls des chansons dans ma cuisine, avec mon téléphone, ma guitare et ma voix. Du coup, ça a laissé beaucoup de place aux musiciens et c’était plus… oui, spontané ! Cette expérience a dépassé mes attentes. C’était super chouette ! »

Un bon son donc ramené dans vos valises que l’on retrouve sur cet album qui s’intitule « Who’s happy ? » Qu’est-ce que le bonheur pour vous ?
«Le bonheur parfait n’existe pas. C’est le constat que je fais depuis que j’ai la quarantaine. Dans la quête du bonheur, il s’agit peut-être juste de se dire qu’il fait beau aujourd’hui. C’est peut-être ainsi. Aujourd’hui, on a une façon un peu US d’amener les choses. On vous demande « comment allez-vous? » et on répond de manière très terre-à-terre : « ça va! ». Je ne suis pas dépressif mais ça ne va pas toujours tout le temps car on vit des choses parfois difficiles à traverser. Beaucoup de gens, en lisant le titre qui m’est venu après une soirée arrosée à 2h du matin avec un pote, pensent « qui est heureux? » mais ce que je raconte dans ce disque est un peu plus profond. J’y parle par exemple en effet de mon fils, d’une amie et l’alcoolisme, de l’Amérique… Aussi, de mon père et de la maladie d’Alzheimer. Mon père me raconte la marche qu’il a réalisée, quand je l’appelle, et c’est toujours la même, mais c’est sûrement pour lui un repère de bonheur.»

En tant que Britannique hors de ses terres natales depuis 1999, quelle vision avez-vous de la France ? Est-ce mieux ailleurs ?
« Avant d’avoir une famille, quand je vivais une mauvaise journée, je me disais « il faut que je rentre chez moi ! ». Je demeurerai toujours un étranger, je n’ai pas été éduqué ni instruit dans votre pays et ça change les choses. Je le vois avec ma fille qui ne se trompe pas sur les genres, tout le contraire de moi qui ait un français très fonctionnel. Je suis venu en France un peu de façon arbitraire, ma grand-mère était ici et puis quand mon groupe de blues-rock en Angleterre (The Hoax, ndlr) s’est terminé, j’ai eu envie d’apprendre le français, je me suis donné un an… et j’ai finalement rencontré les bonnes personnes qui sont toujours des amis. Un album tout en français ? Il existe une distance entre cette langue et moi, je trouve l’anglais plus poétique que le français. Même si je suis un peu comme un arriviste, je suis ouvert aux propositions qui me sont faites. Bon, okay, j’ai fait du blues, de la pop, du jazz… mais je ne ferai sans doute jamais de rap ni d’électro ! »

Revenons à Blois. A quoi doit s’attendre le public qui viendra vous applaudir le 6 octobre ?
«Depuis un an, je vais voir beaucoup de concerts d’autres artistes. Je ne sortais plus, je recommence à regarder et je peux ainsi ressentir l’excitation d’un spectateur avant le show. Donc, avec mes musiciens, on aime bien créer une rencontre avec le public quand on est sur scène, on aime construire une soirée où le public joue un rôle important.»

Et si vous n’aviez pas été chanteur, qu’auriez-vous fait ?
« Auparavant, j’étais en fac de théâtre, alors peut-être ça. Ou veilleur de nuit dans un hôtel, ou fermier dans la Creuse ? Je ne sais pas. Mais j’espère que ça n’arrivera jamais car j’aime ce que je fais!»

Informations sur http://www.allthatjazz.fr

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