Ces quinze derniers jours…

Blois : justice et liberté d’imager ?
Du 10 au 14 octobre 2018, les Rendez-vous de l’Histoire (RDVH) se sont focalisés sur la puissance des images. On pense photographie, réseaux sociaux… Mais il fut également question de justice avec la diffusion d’images avant et pendant un procès. « Lorsque l’on montre la photo d’une victime qui a reçu des coups, cela a une force probatoire, une force de conviction », a souligné Maître Stéphane Rapin. En effet, si les procédures restent écrites, elles sont de plus en plus accompagnées d’images. « Et nous allons peut-être vers une procédure dématérialisée qui permettra d’utiliser de plus en plus d’images », a relevé Denys Baillard, président du Tribunal de grande instance. Par ailleurs, même s’il y a la présomption d’innocence, parfois des photos d’un prévenu diffusées avant un procès peuvent avoir un fort impact. « Quand on arrive dans un tribunal précédé par un cortège d’images, cela paraît difficile d’obtenir la relaxe », a constaté l’avocat Denys Robiliard devant une photo de Dominique Strauss-Kahn, les mains dans le dos, entouré de policiers. Deuxième point abordé : l’utilisation de la visioconférence pour entendre un prévenu lors d’un procès (toujours avec son consentement), pour des questions pratiques de gestion et de difficultés budgétaires. « Quand les moyens sont là et qu’il y a une fluidité à l’écran, de mon expérience, on finit par oublier que la personne n’est pas présente physiquement dans la salle », a témoigné Denys Baillard. En revanche, les avocats sont contre la visioconférence : ils doivent choisir d’être avec leur client ou avec le juge et plaider par vidéo n’a pas la même portée que si la personne se trouve devant eux. « J’ai déjà plaidé depuis la maison d’arrêt de Blois, et je n’avais pas l’impression d’être entendu comme je le voulais, cela enlève le rapport humain, la force de conviction passe par la présence et on perd quelque chose par cette mise à distance », a appuyé l’avocate Stéphane Rapin. Parmi les autres thèmes évoqués, l’image et le respect de la vie privée avec la diffusion, par exemple, de scènes de violence sur les réseaux sociaux, mais aussi l’utilisation de la vidéosurveillance sur l’espace public et par les entreprises. Les magistrats ont souligné le fait que des photos prises avec des téléphones portables complètent de plus en plus de dossiers dans le cadre d’affaires familiales.


Blois : nouveau pont sur la ville
Dans le cadre des aménagements routiers du secteur de Cap’Ciné à Blois, un pont métallique enjambant la quatre voies boulevard des Cités-Unies a été posé le 20 octobre. Une opération spectaculaire dont l’enjeu est de fluidifier le trafic du secteur spécialement saturé aux heures de pointe. D’une longueur de 38 mètres et d’une largeur de 13,70 mètres, ce mastodonte de 130 tonnes permettra de délester le giratoire de Cap’Ciné d’une partie importante du trafic et de faciliter ainsi l’insertion des véhicules arrivant de l’autoroute. Chaque jour, 50 000 automobilistes traversent ce secteur, particulièrement bouché le matin. « Ce nouveau pont est une réalisation majeure pour améliorer le quotidien de milliers de Loir-et-Chériens qui empruntent cet axe pour se rendre à leur travail », explique Bernard Pillefer, vice-président du Conseil départemental chargé des routes. « À la fin du chantier, poursuit-il, nous prévoyons une diminution des bouchons de 90 % et un temps de parcours abaissé de moitié aux heures de pointe. » Après la réalisation d’une voie d’évitement du rond-point de Cap’Ciné pour rejoindre l’autoroute A10 et la mise à deux voies de la route entre ce giratoire et celui des Châteaux, la pose de l’ouvrage marque l’entrée du projet dans sa seconde phase. Celle-ci comporte outre la construction d’une bretelle de sortie, l’aménagement du pont avec deux couches de béton de 15 cm chacune. Il restera ensuite à le relier au réseau routier existant afin d’accéder directement au giratoire Schuman et à l’avenue de Châteaudun. L’ensemble sera mis en service au premier trimestre 2019 (sous réserve des conditions météo). D’un montant de huit millions d’euros, les travaux d’aménagement routier du secteur de Cap’Ciné sont réalisés sous maîtrise d’ouvrage du Conseil Départemental; cofinancés par le Département, l’État, Agglopolys et la Région.


Blois/ Département : deux livres, sinon rien !
En voyant le pont fraîchement installé près de Cap’Ciné, les mauvaises langues penseront qu’après le maire de Blois, Marc Gricourt, et sa passerelle de la gare Blois-Chambord, Nicolas Perruchot, président du conseil départemental, aura lui aussi voulu avoir la sienne… Boutade mise à part, tout semble cet automne-hiver marcher par paire sur le territoire; pour preuve, les deux ouvrages qui viennent de sortir dans les libraires en octobre. Le premier, « Blois, de sens et d’esprit » (éditions Privat), fruit du travail du photographe blésois François Christophe, agrémenté de textes signés par un certain Philippe Ollivier, proposer de connaître les différents visages de Blois (Cf. aussi page 7). Le second, « Le Loir-et-Cher, insolite et secret » (éditions Sutton), écrit par des férus d’histoire (Pascal Nourrisson, Dominique Mauclair et Jean-Paul Sauvage) invite à son tour à découvrir des aspects méconnus du patrimoine, tant matériel qu’immatériel, cette fois du département tout entier. Histoire de sortir des sentiers battus et de ne pas s’arrêter à la seule chanson de Michel Delpech par exemple…
C. C.-S., ARP et E. R.

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