Blois – La résurrection placide d’un magasin d’instruments de musique

Stéphane Legret (Hendrick Music) et Paul Carrels (La souris verte). ©ARP

Les uns après les autres, les magasins de musique disparaissent en silence. Il y a pourtant quelques « success story » et le Hendrick Music à Blois en fait partie.
La boutique de 250 m2, bien achalandée au demeurant, est logée au fond d’un vaste parking au 38 rue André Boulle, pas loin du Chato’Do. Son secret : avoir créer un écosystème vertueux autour de la musique. « Vous pouvez faire ça ? Oui. Ah bon ! Vous pouvez faire ça aussi ? Oui aussi ». L’expertise, la disponibilité, le réglage des instruments, le SAV, le dépôt-vente, les « répèts en public »… Une compilation cohérente de services fait le succès de Hendrick Music. Pourtant la révolution du commerce sur Internet avait de quoi perturber en profondeur la distribution d’instruments de musique, et plus généralement de tout ce qui permet d’en faire et de l’enregistrer. « Les uns après les autres, les magasins disparaissent en silence » met en garde Stéphane Legret, copropriétaire de Hendrick Music. « On peut toujours pointer du doigt l’absence de réaction des commerçants et leur conservatisme. C’est vrai, mais ça ne suffit pas à expliquer l’ampleur d’un phénomène. » La faute à Internet, alors ? « Non, mille fois non ! », s’empresse-t-il d’embrayer. « S’il y a bien un secteur sur lequel on devrait pouvoir résister, c’est celui de l’instrument : une guitare, un piano, on veut le voir, le toucher, l’essayer, l’écouter ». Et à Stéphane de détailler : « ça serait bête de ma part de ne pas reconnaître qu’il y a plus de choix chez les grands sites du web. Mais, t’imagines la taille du magasin qu’il faudrait pour avoir la même chose ! C’est tout simplement impossible. Chez nous, en commandant le samedi, je suis généralement livré le jeudi suivant, donc c’est assez rapide. Et par rapport aux prix nous faisons le nécessaire pour être concurrentiels. » Et comme si cela ne suffisait pas, Hendrick Music s’est lancé dans la promotion des artistes. « Il y a quelques années, des amis musiciens souhaitaient jouer dans un lieu public convivial pour montrer leur travail et proposer leur maquette sans ressentir la pression d’un concert », se souvient-il. Ainsi sont nées les « répèts en public », moments de partage où les groupes du coin prennent possession de la scène au fond du magasin. « Le vendredi, tu peux venir t’évader quelques instants et gratuitement après une semaine de taff. Les horaires (19h-21h) ne bloquent en rien ta soirée. Tu peux passer, écouter de la bonne musique et te restaurer à La souris verte, le food truck (world food et frites belges 100 % fait maison) garé sur le parking », renchérit Stéphane avant de conclure «L’entrée est libre et tu y retrouves des artistes locaux talentueux. »
ARP

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