Révérence d’adieu au haras national

HarasAprès 200 ans d’existence et le passage en ses écuries de centaines de chevaux, le haras national de Blois construit à l’initiative de Jules Edouard Potier de la Morandière a rouvert ses portes le samedi 6 septembre pour son dernier show. Derrière les grilles ouvragées décorées de têtes de percherons, un magnifique édifice du 18e au fronton orné de bustes de chevaux : 4 immenses écuries, 84 stalles et 2 pavillons de 18 box, plusieurs corps de bâtiment (logement des officiers, sellerie, maréchalerie). pouvant accueillir jusqu’à 120 étalons demi-sang normands, vendéens ou percherons (en 1900). C’est toute l’âme du cheval encore présente dans les allées de boxes qui  a vibré le temps d’une soirée de gala en sabots et talons aiguille !

Une page se ferme. Restauré et classé en 1993, le haras a vu partir ses derniers occupants en 2011.   Depuis sa fermeture en 2006, il ne recevait guère plus comme hôtes de passage que des touristes pendant la saison estivale et quelques spectacles donnés dans la cour d’honneur. Malgré le vœu de la municipalité de conserver à la Ville ce patrimoine exceptionnel classé aux Monuments Historiques, l’avenir en a décidé autrement. Complexe hôtelier ou touristique, ensemble résidentiel ? De 2012 à 2014, l’incertitude a régné quant à son devenir ! C’est désormais chose faite : les travaux vont commencer en décembre prochain pour transformer le haras en complexe immobilier (heureusement !) dans le respect total de son architecture classée. C’est Tissao, un splendide lusitanien de 7 ans qui a eu cet honneur : rendre le dernier hommage à ses congénères passés au haras et il l’a fait avec brio. Ce superbe animal dressé par Benoît Lemaire et qui lui obéit autant à la voix qu’au geste, a ravi le public installé de par et d’autre du podium. Venus de Blois et ses environs, des spectateurs heureux mais aussi émus de pénétrer pour une ultime fois dans ce décor majestueux. Pas espagnol, cabrioles, galop, figures en trois passages ainsi qu’une séquence d’une exceptionnelle rareté pour qui n’a pas eu la chance d’aller au Haras du Pin ou à l’Ecole de Saumur ! Tissao nonchalamment « assis dans son fauteuil  » comme pour assister au dernier spectacle du lieu ! Et avant de partir avec au cœur un regret à peine dissimulé et avec reconnaissance, la dernière révérence …

Sylvie Rey

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